Sangliers – Géographies d’un animal politique

SangliersD’animal sauvage, le sanglier est devenu animal cynégétique, nous expliquent Raphaël Mathevert et Roméo Bondon, les auteurs d’un livre sur « la bête noire » paru aux éditions Actes sud, dans la très intéressante collection  « Monde sauvage ».

Ce changement de statut remonte aux années 1970. La responsabilité des chasseurs ne fait aucun doute. Lorsque le petit gibier (perdrix, lièvres, lapins) a commencé à disparaître à cause de l’agriculture industrielle et l’utilisation massive des pesticides, il était urgent de proposer aux chasseurs potentiels du gibier à tirer. Pourquoi pas du gros, sangliers et cervidés ?

L’idée a fait son chemin et tout a été fait pour que ce gros gibier se multiplie. La réussite a été au-delà de leurs espérances puisque, aujourd’hui, le « cochon » est partout. L’évolution du nombre des animaux abattus annuellement sur l’ensemble du territoire est significative : 35 000 individus au début des années 1970, 800 000 en 2020 « soit une multiplication par 23 en cinquante ans », soulignent les auteurs. Une augmentation qui pose question d’autant qu’une telle évolution est tellement « contraire aux tendances observées pour la plupart des espèces sauvages aujourd’hui. »

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Sangliers – Géographies d’un animal politique, par Raphaël Mathevert et Roméo Bondon, Éditions Actes Sud – Monde sauvage, 208 pages, 22€  – www.actes-sud.fr

Nature Nièvre : le fuligule morillon

Fuligules morillon

Les ornithologues se préparent au Wetland, le grand comptage international des oiseaux d’oiseaux qui aura lieu le week-end des 14 et 15 janvier 2023.  Le fuligule morillon,  joli petit canard tout en rondeur, noir avec le ventre, les flancs et le dessous des ailes blancs, est l’un de ceux qui s’invitent chez nous en hiver. Appartenant à la famille des canards plongeurs, le fuligule morillon s’alimente à plusieurs mètres de profondeur. Capable d’apnée de 10 à 20 secondes, il se nourrit principalement de mollusques et d’insectes aquatiques.

écouter la chronique (6′42″)

Renards – Les mal-aimés par Pierre Rigaux

« Le parti de cet ouvrage est celui d’une approche basée sur la science, incarnée dans l’immersion sur le terrain », prévient l’auteur dans son avant-propos et c’est ce qu’il s’efforce de faire tout au long du livre. Le naturaliste de terrain raconte une histoire qui commence en hiver, lorsque les cris des renards en rut déchirent la nuit. Les jours de neige au lever du jour, un peu de patience et beaucoup de discrétion, et puis le voilà qui se montre d’un coup à la sortie du bois tout au fond de la prairie. Il regarde le sol autour de lui. Il penche légèrement la tête d’un côté puis de l’autre. « Après un long moment, le renard bondit presque à la verticale et retombe en avant, tel un plongeur, tête la première entre les pattes antérieures tout droit dans la neige, si bien que la moitié de l’animal disparaît sous la surface, littéralement plantée dans le tapis. »

Ainsi, au fil des pages et des saisons, le renard vit sous la plume de Pierre Rigaud. On le voit, on le devine, on le comprend mieux. Savez-vous que « ce n’est qu’au Moyen-Âge que l’animal fut associé au nom de renard avec le Roman de Renart. Le prénom de l’animal-héros de littérature fut si populaire qu’il devint le nom de l’animal réel en langue française.» Avant, on l’appelait goupil. On découvre aussi ses cousins : le renard polaire ou arctique, le fennec ou renard des sables, le renard de Rüppel qui vit au Niger. Le renard du Tibet, le renard du Bengale et le renard corsac habitent le continent asiatique.

La fin du livre fait référence à son statut d’ESOD (espèce susceptible d’occasionner des dégâts), la nouvelle appellation des nuisibles ce qui donne droit aux chasseurs, piégeurs, déterreurs de le poursuivre et de l’exterminer 365 jours par an. Haine obsessionnelle ou plaisir de tuer ? Ses ennemis l’accusent de tous les maux tandis que ses défenseurs se font de plus en plus nombreux. «Ils ne sont pas nos ennemis, pas non plus nos frères. Ils sont seulement des animaux comme nous », conclut Pierre Rigaux.

Enfin, mention spéciale pour les magnifiques photos réalisées par des photographes animaliers passionnés comme Fabrice Cahez, Frédéric Desmette, Jean-François Hellio, Nicolas Van Ingen et bien d’autres qui ont tout en commun d’être diffusés par l’agence Biosphoto. Cette richesse iconographique fait de ce très beau livre un cadeau idéal  pour les amoureux de ce bel animal et de la nature en général.

Éditions Delachaux et Niestlé, 240 pages, 34,90 €
www.delachauxetniestle.com

Prochain atelier 4 saisons le 8 octobre 2022

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Accueillir la faune sauvage pour l’hiver
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Ecureuil
Samedi 8 octobre à Ignol (18)
14h – 16h30
suivi d’un goûter partagé

Les collaborateurs réguliers du magazine Les 4 saisons, organisent un atelier dans leur région, sur le thème de leur choix. Ces Ateliers sont ouverts aux lecteurs du magazine ainsi qu’aux amateurs de jardinage bio. Ce sera l’occasion d’apprendre ou de réviser, tout en partageant le fameux “esprit 4 saisons”. En temps que collaboratrice du magazine, je serais ravie de vous accueillir dans mon jardin autour du thème : accueillir la faune sauvage pour l’hiver !

Mon jardin c’est des fleurs au milieu des légumes, des légumes au milieu des fleurs, un verger forêt en devenir, un muret de pierre, une haie naturelle, une prairie et beaucoup de liberté pour accueillir la faune sauvage sur 7 000 m2. Un poulailler aussi avec une vingtaine de cocottes. Inspirée par les principes de la permaculture mais aussi de l’agriculture sauvage de Masanobu Fukuoka sans pour autant renier le potager de mon père, j’expérimente. Alors rien n’est figé. Je m’émerveille toujours de voir une toute petite graine devenir une nourriture succulente ou une fleur magnifique et tout ce petit monde, insectes, oiseaux, mammifères, qui vit là, tout près de moi.

Parlez-en à vos amis, cousins, voisins… Les places étant limitées, il est indispensable de s’inscrire au plus vite (2 places par foyer).
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Inscriptions :
www.terrevivante.org/contenu/les-ateliers-des-4-saisons