Le castor, un bûcheron avisé !

Castor nageant

Observer le castor, c’est rien que du bonheur. Moi je ne me lasse pas de le regarder nager dans les reflets de la lune, se hisser sur les berges, saisir un rameau entre ses deux mains, le ronger, se lisser les moustaches, remonter son ventre à la manière d’un gros nounours et se grattouiller. Contrairement à ce que l’on croit souvent, le castor n’hiberne pas et reste donc actif tout l’hiver.

Ses ennemis l’accusent d’abattre les arbres. C’est vrai que sur une plantation de peupliers en bord de rivière, il peut faire des dégâts. En fait, c’est un bûcheron avisé. Il varie les zones de coupes selon les saisons et le niveau de la rivière et entretient ainsi toute une mosaïque de milieux ouverts et de milieux fermés, ce qui est excellent pour la biodiversité. Il fait le travail que font les humains lorsqu’ils entreprennent de renaturer une rivière. ☞ lire la suite

Sauvons les oiseaux !

Sauvons les Oiseaux RusticaJe  vous présente ce modeste petit livre que je viens d’écrire pour une grande cause. N’hésitez pas à parler de ce manifeste autour de vous. Merci d’avance pour votre aide à le diffuser. Merci pour les oiseaux. Voici mon texte d’introduction :

« Chaque printemps, le chœur des oiseaux amoureux résonne, harmonieux et gai, tandis que le tambourinage des pics bat la mesure. Les phrases flûtées du rossignol jaillissent même la nuit. Chaque année, c’est le même émerveillement. Les chants d’oiseaux ne se démodent jamais. Mais, chaque année, cette musique se fait plus discrète. Serait-il possible qu’un jour elle s’arrête ? Serait-il possible que le « printemps silencieux » de Rachel Carson devienne une réalité ? Il faut se rendre à l’évidence : c’est terrifiant, mais c’est désormais le scénario le plus probable.

Les oiseaux, c’est aussi la beauté, la grâce et la légèreté. Et si nous perdions tout cela ? Leur inquiétante disparition nous alerte sur la folie et l’inconscience de notre monde. Homo sapiens a joué les apprentis sorciers et nous pourrions bien nous retrouver seuls au monde. Pas longtemps, car les oiseaux et tout le vivant participent à la bonne santé de la planète et sont indispensables à notre survie. Ils sont les travailleurs de l’ombre, ceux qui ne demandent pas de salaire, et qui pourtant s’activent pour nous.

Ceux qui ont tenu un oiseau blessé dans leurs mains, un petit corps effrayé qui palpite et qui s’abandonne d’un coup comme s’il savait qu’on était là pour le soigner, pour le sauver, connaissent aussi la joie d’ouvrir leurs mains pour redonner la liberté à un oiseau guéri. Aujourd’hui, c’est toute l’avifaune qui est malade de nous. Réagissons face à la lenteur des décisions politiques et ne nous résignons pas à attendre en vain de ces dernières les réponses urgentes et les changements majeurs nécessaires pour enrayer cette catastrophe annoncée. Sauvons les oiseaux doit être un cri de ralliement et retroussons nos manches au quotidien dès maintenant ! »

Éditions Rustica / LPO, 64 pages, 7,95 €

Un berceau très cocon

Oothèque de mante religieuse
Quelle est cette mystérieuse masse oblongue, arrondie à une extrémité et effilée de l’autre, qui ressemble un peu à de la mousse polyéruthane, accroché sur un rameau dénudé, une pierre, une planche en bois ou même du fer à béton ? Chanceux que vous êtes, vous avez la garde du berceau d’une mante religieuse ou, plus précisément, de son oothèque, « boîte à œufs » en grec. Pour la construire, la femelle sécrète à l’extrémité de son abdomen, un liquide marron, qu’elle bat vigoureusement avec deux appendices articulés. Les bulles d’air qui se mêlent au liquide produisent une mousse, comme des blancs  en neige, qui durcit rapidement au contact de l’air et adhère fortement au support. Les œufs jaunes, très allongés, sont régulièrement disposés au fur et à mesure de l’élaboration de l’oothèque. Ils n’occupent que la partie centrale et sont logés dans des cellules très étroitement accolées. Après plusieurs mois d’incubation, les larves qui ont déjà le look des adultes, sortiront par une belle journée ensoleillée.

Cette chronique est parue dans les 4 saisons n° 233 – novembre-décembre 2018

Menaces en Mers du Nord, un film de Jacques Lœuille


2014-2018, pendant 4 ans la première guerre mondiale a été largement commémorée mais un sujet semble avoir été oublié, ou plutôt mis de côté : les armes chimiques et conventionnelles déversées dans la mer du Nord et la Baltique. Le documentariste Jacques Lœuille a mené une enquête terrifiante. Le sujet est littéralement enterré par la France sous prétexte de « secret défense absolu » alors que les autres pays concernés, la Grande Bretagne, la Belgique, le Danemark, donnent accès à leurs archives et surtout cherchent à mettre en place des solutions pour éviter une catastrophe annoncée. Ce sont pas moins de 35 000 tonnes qui reposent au large de la très sélect plage de Knokke le Zoute. Imaginez, cela représente un millier de camions en volume. Ces restes encombrants avaient été purement oubliés jusqu’aux travaux de rénovation du port de Zeebruges en 1970.  Une cinquantaine de sites sont répertoriés en « Mers du Nord ». En France, officiellement, il n’y en avait aucun jusqu’au jour où un de ces sites a été découvert accidentellement par Greenpeace au large de Cherbourg ! Notre pays serait peut-être le pays le plus concerné. ☞ lire la suite

2019

2019
C’était il y a quelques jours. La brume persistait encore à 11 heures. Le soleil était tout rond et tout blanc. Se prenait-il pour la lune ? Allez savoir ! Cela ressemble un peu à notre monde, incertain. Alors pour cette année 2019, je souhaite que les utopies se multiplient et qu’à force, elles finissent par changer le monde. J’entends par utopies toutes ces espérances de vivre autrement, mieux, plus solidairement, plus sobrement qui se concrétisent dans des expériences qui montrent que c’est possible. Et il y en a de plus en plus mais tout cela est encore trop éparpillé, trop méconnu. Alors je nous souhaite pour 2019 d’entrer dans ce grand courant d’énergie pour tourner enfin la page du monde ancien, égoïste et destructeur. Comment ? Dans la simplicité du vivre ensemble, dans la bienveillance envers la nature, dans le refus de l’injustice, dans la gratitude de tous ces petits riens qui nous sont donnés quotidiennement : une belle lumière, le chant d’un oiseau, un sourire éclatant ou des rires d’enfants.