Quel scandale ! Le sujet fait la une de tous les journaux. Et on enlève à tour de bras tout produit de la marque findus suspecté de contenir de… la viande de cheval. Comme si cette dernière était un poison mortel ! On mélange tout comme d’habitude. Certes, l’acheteur est en droit de savoir ce qu’il achète mais cet acheteur regarde-t-il les étiquettes ? Et même lorsqu’il sait qu’un produit alimentaire est bourré d’additifs chimiques qui ruinent sa santé doucement mais sûrement, il remplit quand même son caddy. Comment est-ce possible scande-t-on dans la presse mais personne ne s’est interrogé sur le pourquoi. Seul José Bové a signalé que depuis l’interdiction de circulation des équidés sur les routes, les cours de la viande de cheval se sont effondrés en Roumanie mais l’info est sibylline pour toute personne non informée. Derrière ce fait divers se profile, en effet, toute l’histoire de la Roumanie agricole traditionnelle en train de disparaître et de la redistribution des terres au profit d’hommes d’affaires sans scrupule. ☞ lire la suite
Préserver les zones humides : une urgence
Ce 2 février, comme chaque année, c’est la journée mondiale des zones humides. « Depuis bientôt 40 ans, la France s’est engagée à préserver les zones humides sur son territoire, notamment à travers la signature de la convention internationale de Ramsar », peut-on lire sur le très officiel site www.zones-humides-eaufrance.fr et à peu près la même chose sur le site du ministère du développement durable. Près de 70 % des zones humides françaises ont disparu depuis 1900 et ce n’est pas fini, puisque notre cher premier ministre s’est mis dans la tête d’en faire disparaître une, magnifique, pour construire son foutu aéroport. Alors pourquoi faire perdurer cette journée qui n’émeut plus personne. Cela ne sera même pas une journée où on parlera des ces zones en souffrance. François Hollande au Mali va occuper toute l’actu. Alors oui, à quoi sert cette journée? ☞ lire la suite
Aspas: trophée de plume pour Watson, trophée de plomb pour Vanier
Chaque année, les adhérents de l’Aspas (Association pour la sauvegarde et la protection des animaux sauvages) élisent le personnage qu’ils apprécient le plus pour ses actions pour la nature. C’est Paul Watson qui a reçu le trophée de plume 2013. En France, on connaît peu cet homme courageux qui lutte sur le terrain. Il n’hésite pas à mettre sa vie en danger pour stopper les baleiniers illégaux, ceux qui pratiquent le finning. Il a fondé l’association Sea Shepherd (Berger de la mer). Ses ennemis le font volontiers passer pour un terroriste pourtant même le Dalaï Lama soutient son action. Recharché par la police de plusieurs pays et par les mafias des trafics d’ailerons de requins, Paul Watson a demandé l’asile politique à François Hollande qui n’a donné aucune réponse pour l’instant.
Chaque année, les adhérents de l’Aspas élisent aussi le personnage qu’ils apprécient le moins. C’est Nicolas Vanier qui, avec 65% des votes, a reçu le trophée de plomb 2013. J’approuve à 100 % . J’ai fait un reportage sur son camp dans le Vercors et j’avais à l’époque (juste avant l’ouverture) été assez écœurée de l’opportunisme du projet et du finalement peu de respect pour la nature et même de l’environnement. Ce camp touristique est implanté dans une zone protégée. Je n’avais pas pu en discuté avec l’intéressé puisque j’avais été reçue seulement par son équipe.
Quant à ses films, malgré les belles images, je ne les ai pas aimé. Les récits ne tiennent pas la route et les personnages sont peu crédibles. De plus Vanier fait passer des messages qui me déplaisent. « Il n’y aurait pas tant d’animaux s’il n’y avait pas de chasseurs » est-il dit dans « Le dernier trappeur ». Ben voyons donc ! Et dans « Loup », je ne me souviens plus très bien, mais en gros, la fin détruit tout ce qui semble d’abord bienveillant. Sa conclusion, c’est que le loup a toujours été l’ennemi de l’homme et le sera toujours. Et puis pour parachever l’ensemble, Nicolas Vanier a déclaré sur Europe 1 qu’il trouvait normal le massacre des phoques au Canada qualifiant l’attitude de ceux qui s’y opposent de « sensiblerie imbécile ».
Les marchands de doute
Le livre de Naomi Oreskes et Erik M. Conway, historiens des sciences, est paru au printemps 2012, trop discrètement. Je n’ai découvert son existence qu’en fin de l’année. Et pourtant, c’est un livre remarquable. Discréditer la science, saper la réputation des scientifiques et entretenir la controverse avec l’aide de soi-disant « experts indépendants », telle est la stratégie des « marchands de doute ». Et ça marche. Le réchauffement climatique, malgré ses effets qui commencent à se faire sentir, est toujours taxé, par certains, de supercherie. Il en a longtemps été de même pour les effets du tabac sur la santé. Cet exemple historique est intéressant car plus personne aujourd’hui ne remet en cause les conséquences néfastes du tabac non seulement sur les fumeurs eux-mêmes mais aussi sur ceux qu’on appelle les fumeurs passifs. Le but de ces manipulateurs est de retarder toute réglementation, afin de pouvoir encore et toujours faire du fric sur le dos de l’humanité. Après moi le déluge, en quelque sort. ☞ lire la suite
Prises de bec à la mangeoire
Observer les oiseaux qui s’invitent à la mangeoire est l’un des grands plaisirs de l’hiver. Il y a quelques jours, j’ai fini par craquer et donner à manger aux oiseaux alors qu’avec ce temps doux, ils peuvent très bien se débrouiller. Et le spectacle est au rendez-vous. Dans la catégorie « teigneux », le chardonneret arrive en tête. Il s’installe et chasse les intrus. De fait, il perd un temps fou à veiller au grain. Dans la catégorie « culotée », la mésange bleue est championne. Elle affronte sans hésiter les irascibles et gagne presque à tous les coups. ☞ lire la suite
