Au nom de la terre avec Pierre Rabhi

Voilà un film incontournable pour tous ceux qui aiment la nature ou qui ont l’âme écologiste. Du Sahara algérien où il est né à l’Ardèche, son pays d’adoption, Pierre Rabhi a suivi sa voie. Imperturbablement. A 75 ans, il est célèbre pour ses paroles libres et surtout son action, une « résistance tranquille » contre une « société de la frénésie qui a donné à l’argent les pleins pouvoirs ». En effet, il ne « croit pas à la lutte dans les éclats de la colère ».

Parce qu’il y a « des lois intangibles » et que « vouloir transgresser les lois de la nature, c’est se condamner à mort », Pierre Rabhi prône l’agroécologie, « cette pratique qui, comme l’explique Edgar Morin, dépasse le simple traitement bio de la terre, des animaux et des végétaux pour s’inscrire dans la création ou la recréation du système où nous vivons en respectant son organisation éco-systémique complexe, manifestation spontanée de la biodiversité. »

De plus en plus de gens ont envie de faire bouger le monde mais souvent, ils se sentent impuissants et baissent les bras. Pourtant, chacun d’entre nous, peut comme Pierre Rabhi, résister sans éclat de voix contre « un modèle défaillant, celui du productivisme agricole » qui produit de la mort. Les scandales alimentaires qui se succèdent sont la partie immergée de l’iceberg. Pour cela, il suffit de choisir de consommer local. Si chacun d’entre nous, s’y contraignait, l’humanité ferait un bond de géant en avant. Et puis, bien sûr, tous ceux qui ont la chance d’avoir un jardin, une terrasse ou un balcon, peuvent transformer leur petit coin de nature en un mini paradis pour la biodiversité en bannissant tous les produits chimiques, des biocides, tueurs de vie. Une fois sur le chemin, on se rend très vite compte que tous les « indispensables » vantés par la publicité ne servent à rien. La liberté est là, le bonheur aussi.

Au nom de la terre, documentaire réalisé par Marie-Dominique Dhelsing, est au cinéma ce mercredi 27 mars.
☞ Kaysen, hors série spécial Pierre Rabhi, 132 pages sans publicité.

A lire sur ce blog
Ma rencontre avec Pierre Rabhi
Pierre Rabhi, parole de terre

Je fais fuir les escargots et les limaces

Qui n’a pas découvert au matin une très prometteuse pousse de potimarron disparue sous les dents d’un gastéropode ne peut comprendre la haine des jardiniers pour les escargots et les limaces. On essaie tout : le piège à bière (néfaste pour les hérissons qui se saoulent), la barrière de cendres, la récolte nocturne des ennemis à la lampe torche… Y’en a même qui craquent et cèdent à la tentation de la chimie. Ceux là font complètement fausse route car, en plus, ils empoisonnent aussi leurs prédateurs naturels, grenouilles, crapauds, merles… Ce petit livre très documenté, à l’écriture vive et pleine d’humour est à conseiller à tous ceux qui frémissent pour leurs petits légumes tout neufs et tout tendres.   ☞ lire la suite

Le pape François a oublié la nature

Choisir François d’Assise pour référent – une première dans la papauté – c’est assurément rompre avec la tradition. Paix et pauvreté seront donc les deux grands mots – de ce pontificat naissant. Mais, François d’Assise, c’est aussi l’harmonie avec la nature et tous les êtres vivants. Hélas, cette facette du saint, patron des écologistes, ne semble pas inspirer le nouveau pape. Dommage ! Le monde et les hommes auraient bien besoin d’un porte flambeau de cette envergure. Qui sait, le « Très-Bas » comme l’a nommé Christian Bobin va peut-être faire un miracle!

Lire Construire la terre, un article paru sur ce blog où il est question de François d’Assise.

Chimpanzés

Disney nature nous avait épaté en 2012 avec « Félins », des images sublimes, de l’action, des comportements extraordinaires. Alors, on attendait beaucoup de « Chimpanzés ». Et on est un peu déçu. Oscar est le petit chimpanzé choisi par l’équipe pour être la vedette du film. Oui mais voilà, la maman d’Oscar meurt des suites de ses blessures lors d’un bagarre avec un autre clan. Le petit primate dépérit et le moral des troupes baisse jusqu’à ce que, oh miracle, le chef du clan l’adopte. « Un mâle qui prend en charge un orphelin, cela arrive, mais le mâle dominant, je n’avais jamais vu cela », raconte Christophe Boesch, primatologue et consultant scientifique du film qui suit les chimpanzés depuis trente trois ans. L’opportunité était incroyable pour un staff qui fait « des films qui racontent des histoires que la nature invente ». Dommage que Alastair Fothergill et Marc Linfield, réalisateurs et producteurs, n’aient pas élargi. L’histoire n’en aurait été que plus belle si, en même temps, ils avaient intégré la forêt et pointé davantages de comportements. Il n’est pas interdit de faire un peu de pédagogie tout en racontant une histoire. C’est même recommandé. Hélas, ces grands singes qui font toujours à peu près la même chose – casser des noix avec une pierre, ce qui prouve qu’ils savent utiliser des outils – ont l’air de s’ennuyer. Nous aussi qui n’arrivons jamais à être emportés. Dans la première séquence, les chimpanzés vaquent à leurs occupations d’animaux libres et insouciants dans un décor sublime. J’aurai aimé alors les regarder vivre et sans doute les aurais-je rejoint un peu dans cette forêt équatoriale qui est leur habitat mais une musique genre Broadway, décalée et bien trop présente, s’est intercalée entre eux et moi empêchant la magie d’opérer.

Le film sort en salle le 20 février mais ce mardi 12 février, on peut le voir en avant-première au Grand Rex à 20h00. La projection sera suivie d’une rencontre avec le Dr Jane Goodall. ☞  voir le site du film
A noter, une partie des recettes de la première semaine, 20 au 26 février, sera reversée à la Wild Chimpanzee Fondation créée par Christophe Boesch – www.wildchimps.org