Vangari Maathaï, Vandana Shiva et les autres

Vandana Maathai, celle qui plantait des arbres, J’ai Lu.«Plantons des arbres et les racines de notre avenir s’enfonceront dans le sol et une canopée de l’espoir s’élèvera vers le ciel », écrivait Wangari Maathai dont je viens de terminer l’autobiographie. Elle a quitté ce monde le 25 septembre dernier laissant les arbres orphelins. Je suis pleine d’admiration pour ces individus qui s’investissent totalement dans une cause et dont la foi déplace des montagnes. Comment la petite lumière est venue et comment s’est-elle transformée en flamme invincible ? « J’ai constaté à maintes reprises que dès lors qu’on s’investit pleinement et en toute sincérité dans une cause que l’on estime juste, il peut nous arriver des choses extraordinaires ». ☞ lire la suite

L’homme qui plantait des arbres

L’homme qui plantait des arbres - GallimardVoilà une éternité que je voulais lire ce texte de Giono. J’ai enfin pensé à acheter ce minuscule livre de 33 pages. C’est, en fait, une très jolie nouvelle écrite en 1953. Le magazine américain, The Reader’s Digest avait demandé à l’écrivain de rédiger quelques pages pour une rubrique intitulée « Le personnage le plus extraordinaire que j’ai jamais rencontré. »

Elzéard Bouffier était, selon Giono, ce caractère inoubliable. Le texte a  immédiatement plu à la rédaction qui le fit savoir à l’auteur dans un courrier. Mais  quelques semaines plus tard, une seconde lettre traitait Jean Giono d’imposteur : Elzéard Bouffier n’avait jamais existé. Giono fut surtout surpris qu’il puisse exister des gens assez sots pour demander à un écrivain, donc à un inventeur professionnel, quel était le personnage le plus extraordinaire qu’il ait rencontré, et pour ne pas comprendre que ce personnage était forcément sorti de son imagination!lire la suite

Les tigres du Karnataka protégés par les Soligas

Depuis 1974, la tribu Soliga était menacée d’expulsion de ses terres ancestrales par le gouvernement indien. Le motif : leur territoire se situait sur le sanctuaire de Rangaswani Temple, reclassé en réserve pour une trentaine de tigres. Ces hommes et ces femmes ont pourtant toujours vécu en harmonie avec leur environnement y compris les félins. En refusant cette décision inique et en luttant pacifiquement pendant plus de 30 ans, ils ont obtenu un renversement total de la situation : les autorités de l’état du Karnataka leur demande non seulement de rester mais de collaborer à la préservation d’une espèce particulièrement menacée.

Ce genre de nouvelle que je viens de découvrir par Univers-Nature fait chaud au cœur. Et pourtant, ce n’est que du bon sens pur et simple. Qui, en effet, peut connaître et respecter leur environnement mieux que les peuples de la forêt eux-mêmes et cela, dans le monde entier. Au lieu de faire circuler cette nouvelle, les grands médias vont encore se tromper de une en privilégiant  la crise financière européenne et la dérisoire tentative d’y trouver des solutions, attitude qui signe l’entêtement de notre monde en déroute.

La seule voie possible est justement le retour au bon sens et à l’abandon de l’argent comme étalon unique. Je vous en ai déjà parlé si souvent que parfois j’ai l’impression de radoter. Mais dans ce combat, il faut répéter sans jamais se lasser comme en témoigne la victoire des soligas.  Je vous recommande au passage la lecture du dernier livre de Yves Paccalet : Partageons ! L’utopie ou la guerre. Ce scientifique savoyard si proche de la nature avait exprimé sa colère dans L’humanité disparaîtra, bon débarras ! Mais finalement, cet épicurien qui aime, savoure et croit en la vie, refuse de se laisser contaminer par le pessimisme ambiant et montre, lui aussi, qu’une autre route est possible. Cet ouvrage sous forme d’entretien avec Gilles Vanderpooten est tout simplement lumineux.

Univers Nature
☞ Yves Paccalet, Partageons! L’utopie ou la guerre. Editions de l’Aube, 6,50 €

Fra Angelico et le renard mangeur de poules

Fra Angelico, Thébaïde, détail, vers 1420 - Galerie des Offices, Florence

L’exposition du musée Jacquemart-André est sans aucun doute l’une des plus belles du moment. Au début du parcours, j’ai découvert deux « Thébaïde » qui m’étaient totalement inconnues. Ces tableaux à la Breughel qui dépeignent la vie des ermites dans le désert d’Egypte sont d’une richesse narrative incroyable. J’ai passé un long moment à regarder chaque détail. Et bien figurez-vous que notre goupil y est peint en mangeur de poules. Et oui, les mauvaises réputations ont la vie dure !
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www.expofraangelico.com

Natures mortes

Namibie 2009 © David Chancellor / InstitutePolka Magazine publie « Nature morte », un reportage qui fait froid dans le dos. Le photographe David Chancellor en est l’auteur. Cet anglais vivant en Afrique du Sud voulait comprendre ce qui animait les chasseurs de trophées. Ils sont plus de 18 000 étrangers à concrétiser leur folie dans les plaines d’Afrique. David Chancellor dit avoir commencé avec un a-priori négatif. Dans la vidéo en prime sur le site du magazine, il s’annonce comme végétarien. Il semble finalement être entrer dans une certaine forme de fascination. « Il faut comprendre leur point de vue », argumente-il. Il juge les chasseurs intelligents. Ce sont des gens qui ont réussi professionnellement – pardi au prix de la partie de chasse : de 9 000 à 20 000 € ! Et ils ont un souci écologique – ah oui vraiment ? Et comme d’habitude, l’aspect économique l’emporte sur toute morale : ils apportent des devises au pays. Et, générosité suprême, ils ne gardent que la tête pour leur collection macabre et offre le reste de l’animal aux villageois qui peuvent ainsi manger de la viande! L’effet poule au pot de Henri IV a la vie dure! ☞ lire la suite