Tous les articles par D.B.

La grande malbouffe

Ce documentaire de Maud Gangler et Martin Blanchard nous entraîne dans les coulisses de l’agroalimentaire avec pour fil conducteur la préparation d’un « cordon bleu », vous savez ce plat composé d’une escalope de veau ou de volaille, d’une tranche de jambon fumé ou de bacon et de fromage, le tout étant panné. Ça, c’est pour la recette maison car le cordon bleu industriel peut contenir une trentaine d’additifs et quelque chose qu’on essaye de nous faire passer pour de la viande. Ce film nous emmène en Allemagne et en Suisse mais aussi à Dublin et à Bruxelles. On y découvre le pouvoir des applications comme Yuka mais aussi comment les industriels réagissent pour se donner le « clean label » dont, en fait, il n’existe aucun cahier des charges, et puis aussi, comment les nouvelles tendances végétariennes et vegan font le beurre des industriels. Experts, nutritionnistes, docteurs en sciences des aliments ou consultants en « transformation positive » nous éclairent sur ce qui est dans nos assiettes d’aujourd’hui et de demain. Alors, vive la bonne vieille cuisine avec des produits sains acheté en vrac ! Et si c’est ma conclusion et non celle du film, on espère voir triompher au plus vite la nouvelle tendance au retour aux fourneaux comme en témoignent le nombre incroyable de jeunes créatrices et créateurs culinaires.
A voir absolument sur Arte ce mardi 2 février à 20h50 ou en replay jusqu’au 2 avril.

Nature Nièvre : Le verdier d’Europe

Verdiers
La silhouette et la taille d’un moineau avec un bec rose et un habit vert rehaussé de jaune vif sur les ailes et la queue, le verdier d’Europe est un habitué des mangeoires où il joue volontiers l’incruste. Agressif, il prend d’impressionnantes postures d’intimidation pour garder la place. Malheureusement les effectifs de ce joli passereau granivore de la famille des fringillidés sont en baisse notable. En cause : les pratiques agricoles intensives.

Participez au comptage national des oiseaux du jardin de ce week-end (30 et 31 janvier). Rendez-vous sur www.oiseauxdesjardins.fr

lire la suite
écouter la chronique (5′55″)

Morvan, pour quelques douglas de plus

Ce documentaire de Franck Cuveillier sur la forêt du Morvan a été diffusé jeudi 28 janvier sur France 3 dans La ligne bleue. On y voit le désastre de la sylviculture industrielle du tout Douglas. Mais des femmes et des hommes s’érigent contre cet appauvrissement de la diversité de leur forêt. Leur stratégie : acquérir le plus de parcelles possibles pour freiner l’expansion adverse, et montrer qu’une autre sylviculture est possible. On peut (re)voir Morvan, pour quelques douglas de plus jusqu’au jeudi 4 février. Ne le ratez pas.

Pour mémoire, nous avions consacré une de nos émissions Planète Nièvre – La Forêt du Morvan en danger – à ce sujet.

Chasse et grippe aviaire : le business avant les risques sanitaires

Les chasseurs ne pensent qu’à chasser et ne supportent aucune entrave à leur liberté de tuer même des «cocottes » élevées et lâchées juste avant d’être tirées pour cause de grippe aviaire. Oui, mais voilà, ça rapporte, et pas seulement de l’argent, mais aussi des chasseurs ! Peu leur importe que ce gibier d’élevage ne soit même pas capable de s’enfuir. Les adeptes des «.chasses à la cocotte » paient pour tuer, et ils veulent du gibier, beaucoup de gibier. Quatre cent cinquante établissements inscrits au registre du commerce proposent ainsi des prestations de services cynégétiques sous forme d’actes de chasse réalisés en contrepartie d’une rémunération. Ils achèteraient 55 % du petit gibier aux quelque neuf cents à mille éleveurs de gibier, ou cynégéculteurs, qui produisent chaque année environ dix-huit millions de faisans, cinq millions de perdrix et un million de canards colverts.

lire la suite
lire ma tribune parue sur Reporterre

La passion d’un chercheur pour des fourmis

Fourmis MatabeleErik T. Frank, post doctorant à l’université de Lausanne est un spécialiste du comportement des fourmis Matabele, une espèce africaine. Le biologiste les a observé plus précisément dans le Parc national de la Comoé en Côte d’Ivoire. Son récit, vif et plein d’humour, raconte non seulement la vie et l’œuvre de ces fourmis, mais aussi l’aventure d’un chercheur en science fondamentale. Imaginez un jeune étudiant ayant décroché un visa pour reconstruire une station de recherche tropicale avec le professeur Linsenmair. Elle avait été quasi détruite pendant la guerre civile ivoirienne. « J’ai aussi découvert le monde tout court.: la solitude, l’extrême pauvreté, l’incroyable biodiversité », écrit-il en préambule. Ce fut aussi l’occasion d’observer, sur le conseil de son professeur, ces fameuses fourmis Matabele spécialisées en attaque de termites. Fasciné, il en fait le sujet de sa thèse et va passer cinq ans à les observer tout en gérant la station de recherche. Erik T. Frank a découvert qu’elles ont la particularité de soigner leurs congénères blessées au combat. « Le fait de soigner des individus handicapés de façon permanent, ayant perdu des extrémités, n’a jamais été observé ailleurs que chez les Matabele » souligne le chercheur. La découverte de ce comportement de soin a soulevé une myriade de questions notamment : Pourquoi cette nécessité ? Dans quelle mesure ce traitement par léchage est efficace ? Que fabriquent-elles dans leur salive.? Erik T. Frank a pu répondre à bon nombre d’entre elles et les réponses sont dans ce livre à lire absolument.

Combattre, sauver, soigner : une histoire de fourmis par Erik T. Frank , CNRS éditions, 180 pages, 17 €