
La disparition de Pierre Rabhi me rend très triste. C’est une lumière qui s’est éteinte, un sage diront sans doute certains. Les voix singulières comme la sienne sont précieuses surtout dans les temps troubles que nous vivons. Il savait trouver les images pour faire passer les messages, le colibri bien sûr qui a, depuis, été réutilisé à toutes les sauces, mais aussi la sobriété heureuse. C’est tellement plus beau que la décroissance. La joie, le bonheur, faisaient partie de ses quêtes. Vivre avec moins, en harmonie avec soi-même et la nature, rend en effet mille fois plus heureux que l’avidité et le toujours plus.
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Nature Nièvre : la perruche à collier
Avec son plumage tout en nuance de vert et de jaune et son bec rouge, cet oiseau exotique ne passe pas inaperçu. La perruche à collier fait désormais partie du paysage dans de nombreuses villes : Nice, Fréjus, Marseille, Montpellier, Toulouse, Lille, Nancy, Nantes et maintenant les voilà arrivées à Nevers où elle a été observée pour la première fois dans le parc de la préfecture fin 2017. En Ile de France, elles sont estimées aujourd’hui à près de 10 000 individus, rien à côté de Londres où on en compte près de 50 000. Généralement, ce sont leurs cris stridents qui révèlent leur présence. Leur robustesse naturelle leur permet de s’adapter et de se reproduire rapidement.
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Qui veut la peau des écolos ?
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Mon nouveau livre, co-écrit avec Marc Giraud, mon ami et complice de longue date, est en librairie. C’est un sujet très sérieux qui n’étonnera pas les visiteurs réguliers de ce blog. Je tiens à préciser qu’il ne s’agit pas des écolos politiques mais bien des écologistes vrais, au sens premier du terme, qui défendent la nature, le vivant donc.
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Voici notre avant-propos :
Nous ne sommes pas encore en dictature, mais de loi en loi, nous nous éloignons d’une démocratie digne de ce nom. Les attentats terroristes ou la crise sanitaire du Covid-19 ont été des occasions de tester des mesures de restrictions de nos libertés, et pourtant, quelle que soit leur gravité, ils ne sont que des sous-ensembles d’un enjeu plus vaste dans le temps et dans l’espace : l’écologie.
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☞ écouter mon interview sur RCF
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Nature Nièvre – le petit rhinolophe

Le petit rhinolophe apprécie les massifs anciens de feuillus, coupés de rivières, là où foisonne une végétation herbeuse avec de vastes ouvertures entre le sol et les premières branches des taillis. Il aime aussi beaucoup les pâtures bocagères parsemées de groupes d’arbres et les prairies maillées de vergers. Il fréquente aussi les villages et parfois les agglomérations de taille moyenne dotées d’espaces verts et de jardins. Il est bien présent en Bourgogne. Au repos, il pend des voûtes entièrement enveloppé dans ses membranes alaires tel un petit cocon noir. C’est le plus petit de la famille des rhinophidés. Il mesure environ 4 cm et pèse 6 ou 7 grammes mais ailes déployées, son envergure est quand même de 19 à 25 cm. Le plus vieux petit rhinolophe bagué a atteint 21 ans mais l’espérance de vie de l’espèce se situe autour de 7 ans.
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Découvrez les jardiniers invisibles avec Arnaud Ville
L’observation est sans conteste le premier pas vers la connaissance indispensable pour le respect du vivant. Nommer vient ensuite : on veut savoir qui est ce minuscule qui habite notre jardin. Et de fil en aiguille, l’envie d’accueillir ce petit peuple grandit. Le jardinier attentif laisse faire la nature nous rappelle l’auteur. Les équilibres d’abord ténus, se fortifient et notre jardin devient un merveilleux lieu d’accueil. Arnaud Ville est d’abord photographe. Ses photos sont magnifiques, surprenantes parfois comme ce portrait de la Mantispa styriaca, une discrète prédatrice à l’air de mante religieuse mais qui n’en est pas une. Il sait comme personne dévoiler la beauté de tous les invertébrés qui souffrent généralement d’une mauvaise image. Dans ce livre, il se révèle aussi écrivain et parle bien joliment de nos jardiniers invisibles.
« Ces petits animaux si faciles à craindre, à mépriser, si pratiques à caricaturer, juste et comme toujours, parce que l’on ne les connaît pas, à quelques exceptions près, je vais essayer de vous les montrer sous une lumière un brin bienveillante, je vous assure, ils le méritent, d’autant que, pour ce qui nous concerne, ils peuvent grandement aiser le jardinier à jardiner. » Arnaud Ville tient la promesse faite dans son introduction. Son livre est une invitation à ouvrir l’œil, alors comme le dit Xavier Mathias dans sa préface : « Et si (…), nous commencions par observer tous ces petits qui participent à la farandole du vivant ? Dans un jardin, ça grouille et ça se débrouille. »
Les jardiniers invisibles d’Arnaud Ville. Préface de Xavier Mathias. Éditions du Rouergue, 128 pages, 25 € – www.lerouergue.com