Lutter contre l’éco-anxiété avec Élise Rousseau

Elise RousseauPour bien commencer l’année, je vous invite à découvrir la nouvelle bande dessinée d’Élise Rousseau. Nous y retrouvons Poune la narratrice, Nono son petit ami et surtout Cocotte, la petite poule écolo. Après de nombreuses remises en questions (Mais pourquoi j’ai acheté tout ça ?), Cocotte et sa maîtresse se sont fait une maison écologique (Ecocooning). Oui mais voilà, malgré leur engagement actif, le monde ne va pas mieux.

Cocotte est prise d’une angoisse existentielle à l’idée qu’elle serait mangée en cas d’effondrement consulte un psy et projette de créer l’association de défense des vers de terre ! L’arrivée d’un grand coq rien que pour elle la remet sur la voie de la joie de vivre. Il y a aussi Léa, la filleule, ado engagée et désespérée par l’état du monde, le député qui teinte d’un peu d’écologie  son programme, le consumériste égoïste qui finit par prendre conscience de la pollution et n’en dort plus et puis, bien sûr, le psy.

Au-delà de cette fantaisie irrésistible, Élise Rousseau dresse un vrai état des lieux pas vraiment réjouissant c’est pourquoi elle donne plein de conseils très sérieux pour ne pas baisser les bras devant l’ampleur des dégâts car c’est essentiel. « Finalement peut-être qu’aujourd’hui la nature ne nous laisse pas le choix : si on veut survivre, on va être contraints de vraiment devenir de meilleurs êtres humains », conclut Poune bien décidée à relever le défi. Et vu tous les arguments déployés, on est prêt à la suivre !

L’éco-anxiété ne passera pas par moi par Élise Rousseau, éditions Delachaux & Niestlé, 96 pages, 15,90 €

L’univers sous mes pieds par Blandine Pluchet

L'univers sous mes pieds - PluchetDélicatesse, c’est peut-être le mot qui correspond le mieux au récit de Blandine Pluchet, physicienne et artiste. Elle sait voir le monde différemment, la tête dans les étoiles et les pieds sur terre. Le livre est une succession de textes qui peuvent se lire séparément, comme des nouvelles. En même temps, ils forment une suite : la lecture de l’un donne envie de passer au suivant sans s’arrêter.

La physicienne nous initie aux secrets de l’univers, par petite touche, au travers de marches cosmiques, de jour comme de nuit. Les étapes de l’aube deviennent celles du monde. « Si j’aime marcher pieds nus, c’est peut-être parce que j’aime toucher l’Univers de mes orteils pour y lire mon histoire, comme j’aimerais lire dans la mémoire de la matière qui me constitue. Toutes les particules qui me font sont vieilles de quatorze milliards d’année… » Son regard sur la nature au prisme de la science rappelle l’approche de David G. Haskell, l’auteur de Un an dans la vie d’une forêt. Comme lui, elle observe, elle note, elle fait des ponts entre le savoir et l’émotion. Et c’est très beau.

L’univers sous mes pieds par Blandine Pluchet, éditions Salamandre, 160 pages, 19 € – www.salamandre.net

Nature Nièvre : la grive musicienne

Grive musicienne
Connaissez vous la musicienne de la forêt ? Cette petite grive donne le ton, perchée en haut d’un arbre. Les autres oiseaux, grimpereaux, roitelets, troglodytes, rougegorges l’accompagnent. C’est l’enchantement des chœurs d’oiseaux à l’aube qui saluent l’arrivée du jour qui malheureusement se fait plus discret chaque année.

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Mourir à vingt-cinq ans, tué par un chasseur

Aujourd’hui Libération publie une tribune écrite par Léa Jaillard, une amie de Morgan Keane tué par un chasseur le 3 décembre alors qu’il faisait du bois devant chez lui,  « parce que le vide juridique qui entoure l’activité de la chasse permet que ce genre d’accidents arrivent et ne soient considérés que comme des accidents. » C’est un texte de colère certes, mais sans haine, très beau, très juste, en accès libre.

« On aimerait pouvoir se battre avec tes armes, Morgan, écrit Léa Jaillard. Ta douceur, ton indulgence, ta bienveillance, ton amour. Mais ils ne parlent pas ton langage. Ils nous parlent de tradition, de régulation, de ruralité, d’accident, de nécessité, de propriété, de 4×4, de gros calibres, de statistiques. Des mots qui ne veulent rien dire, mais qu’ils pensent irréfutables, parce qu’ils ressemblent à ceux qu’utilisent nos gouvernants ; un langage froid, sans visage, le langage de la brutalité, du profit, des intérêts, de l’indifférence. » C’est si vrai !

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