L’univers sous mes pieds par Blandine Pluchet

L'univers sous mes pieds - PluchetDélicatesse, c’est peut-être le mot qui correspond le mieux au récit de Blandine Pluchet, physicienne et artiste. Elle sait voir le monde différemment, la tête dans les étoiles et les pieds sur terre. Le livre est une succession de textes qui peuvent se lire séparément, comme des nouvelles. En même temps, ils forment une suite : la lecture de l’un donne envie de passer au suivant sans s’arrêter.

La physicienne nous initie aux secrets de l’univers, par petite touche, au travers de marches cosmiques, de jour comme de nuit. Les étapes de l’aube deviennent celles du monde. « Si j’aime marcher pieds nus, c’est peut-être parce que j’aime toucher l’Univers de mes orteils pour y lire mon histoire, comme j’aimerais lire dans la mémoire de la matière qui me constitue. Toutes les particules qui me font sont vieilles de quatorze milliards d’année… » Son regard sur la nature au prisme de la science rappelle l’approche de David G. Haskell, l’auteur de Un an dans la vie d’une forêt. Comme lui, elle observe, elle note, elle fait des ponts entre le savoir et l’émotion. Et c’est très beau.

L’univers sous mes pieds par Blandine Pluchet, éditions Salamandre, 160 pages, 19 € – www.salamandre.net

Nature Nièvre : la grive musicienne

Grive musicienne
Connaissez vous la musicienne de la forêt ? Cette petite grive donne le ton, perchée en haut d’un arbre. Les autres oiseaux, grimpereaux, roitelets, troglodytes, rougegorges l’accompagnent. C’est l’enchantement des chœurs d’oiseaux à l’aube qui saluent l’arrivée du jour qui malheureusement se fait plus discret chaque année.

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Mourir à vingt-cinq ans, tué par un chasseur

Aujourd’hui Libération publie une tribune écrite par Léa Jaillard, une amie de Morgan Keane tué par un chasseur le 3 décembre alors qu’il faisait du bois devant chez lui,  « parce que le vide juridique qui entoure l’activité de la chasse permet que ce genre d’accidents arrivent et ne soient considérés que comme des accidents. » C’est un texte de colère certes, mais sans haine, très beau, très juste, en accès libre.

« On aimerait pouvoir se battre avec tes armes, Morgan, écrit Léa Jaillard. Ta douceur, ton indulgence, ta bienveillance, ton amour. Mais ils ne parlent pas ton langage. Ils nous parlent de tradition, de régulation, de ruralité, d’accident, de nécessité, de propriété, de 4×4, de gros calibres, de statistiques. Des mots qui ne veulent rien dire, mais qu’ils pensent irréfutables, parce qu’ils ressemblent à ceux qu’utilisent nos gouvernants ; un langage froid, sans visage, le langage de la brutalité, du profit, des intérêts, de l’indifférence. » C’est si vrai !

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Disparition à la mangeoire

Pinson des arbres
Pas de restriction sanitaire pour les piafs, alors avec le retour du gel, j’ai réouvert le restau des oiseaux début décembre . Les clients ne sont pas très nombreux : quelques mésanges bleues et charbonnières, quelques chardonnerets, une quinzaine de moineaux. Pas de pinsons des arbres cette année. Enfin j’ai observé deux mâles et une femelle alors que les hivers précédents, ces jolis petits oiseaux venaient en bande et ne rataient jamais l’ouverture.

Les oiseaux granivores dont ces deux espèces font partie, payent un lourd tribut aux changements des pratiques agricoles depuis les années 1970 : utilisation de pesticides, disparition des haies et des herbes folles. Canicules et sécheresses à répétition y contribuent sans aucun doute aussi. De plus, les oiseaux dont les défenses immunitaires sont affaiblies notamment à cause du manque d’une bonne nourriture, sont victimes de maladies venues d’ailleurs comme la trichomonose qui touche particulièrement les pinsons et les verdiers. Tristesse infinie.

Recyclage, le grand enfumage

recyclage, le grand enfumageJe ne veux pas vous casser le moral, mais il faut bien reconnaître qu’après les énergies vertes, c’est le recyclage qui ne tient pas ses promesses comme le démontre  Flore Berlingen dans Recyclage, le grand enfumage – comment l’économie circulaire est devenue l’alibi du jetable  paru aux éditions de l’Échiquier. De fait, dès que l’industrie s’empare d’un processus vertueux, elle le transforme en business avec toutes les dérives qui vont avec. L’auteur de ce petit bouquin édifiant a réalisé avec un bel esprit synthétique une analyse sans appel. ☞ lire la suite